Récit de ma participation au GF Mont Ventoux 2019 : l’aventure collective par définition.

 Chaque année avec les copains savoyards nous nous inscrivons à une cyclosportive pour vivre une aventure commune sur le vélo. Après les Etapes du Tour 2017 et 2018, nous avons jeté notre dévolu cette année sur le GF Mont Ventoux se déroulant le 16 juin 2019.

1 000 kms de vélo en guise de préparation.

Les années précédentes j’avais pu faire une vraie préparation sur le vélo pour aborder de manière sereine l’Etape du Tour Briançon-Izoard de 2017 et Annecy-le Grand Bornand 2018. Le contexte est un peu particulier en 2019 puisque je participerai le 30 juin prochain (dans une semaine à l’heure où j’écris cet article) à l’Ultra Trail du Grand Duc d’une distance de 80 kms pour 5000 m de dénivelé positif : inédit pour moi. Mes entraînements durant les mois précédents le GF Mont Ventoux se sont donc fort logiquement orientés autour du trail avec plusieurs courses réalisées : le Trail Drôme 43 kms, le Trail de Dieulefit 33 kms et le Maratour 45 kms du Chartreuse trail festival (couru lui à deux semaines du GF Mont Ventoux). 

Le temps passé sur le vélo, si on le compare aux années précédentes, était donc assez réduit puisque mon compteur affichait à peine 1 000 kms roulés en 2019. Ma plus longue sortie sur le vélo étant de 4 h, je suis arrivé sur la ligne de départ du GF Mont Ventoux avec de très grandes incertitudes concernant ma capacité à encaisser les heures de selle du jour et la longueur de l’épreuve.

Le GF Mont Ventoux : 135 kms, 3300 D+

Lassés de payer plus de 110 € nos dossards pour l’Etape du Tour et pas vraiment séduits par le parcours proposé par cette course cette année, nous avions décidé de venir nous frotter au Mont Ventoux, un col mythique qui fait rêver et qui fait peur. Ses paysages lunaires, ses pentes soutenues et la rigueur du climat pouvant y régner au sommet le rende unique et jamais simple à aborder. Déjà grimper un bon nombre de fois depuis mon installation en Provence voilà 3 ans, l’ascension du Géant de Provence allait être pour la plupart de mes amis savoyards présents une grande première. Pour connaître 90 % du parcours, je savais d’avance que les paysages n’allaient pas les décevoir : départ depuis Vaison la Romaine, passage par Brantes depuis les gorges du Toulourenc, montée du col de l’homme mort, bifurcation sur le plateau d’Albion, descente des gorges de la Nesque et final par le Mont Ventoux depuis Bédoin ! Le programme est alléchant et les températures idéales malgré un petit vent annoncé.

Une organisation bien huilée.

Arrivés la veille et très bien reçus au gîte des 3 Tilleuls à Malaucène, nous sommes allés retirer nos dossards et maillots tôt le samedi matin à Vaison la Romaine pour éviter la foule de l’après-midi et avoir le temps de rouler un peu par la suite. Le GF Mont Ventoux, contrairement à l’Etape du Tour, a la particularité de comprendre dans le prix de l’inscription (80 €) un maillot Santini de grande qualité aux couleurs de la course. Celui-ci étant très prêt du corps, de nombreuses personnes dont moi ont pu, après l’avoir essayé, l’échanger pour une taille supérieure. Je ne sais pas si c’était également le cas pour les derniers coureurs venant retirer leur dossard mais j’ai vraiment apprécié la possibilité de le changer. En effet, mieux vaut l’avoir à sa taille puisque le port de ce maillot est obligatoire durant la course. Un bidon et des goodies sont également compris dans le sac que les bénévoles nous remettent une fois le dossard retiré. 

Pour moi, le coût de l’inscription me semble juste et en adéquation avec la « prestation » et les dotations fournies par l’organisation. Ce qui n’était clairement pas le cas de l’Etape du Tour en 2017 ou 2018 où le prix de plus de 100 € payé comprenait… la médaille finisher (j’exagère à peine).

Départ 7 h 30 depuis Vaison la Romaine.

Nous nous rendons en vélo sur la ligne de départ à Vaison la Romaine et nous arrivons dans le SAS en avance de 40 min. Il fait assez frais mais cela ne va pas durer, le soleil est annoncé pour toute la journée. Nous tuons le temps en discutant et nous nous demandons comment nous allons nous reconnaître parmi la masse de coureurs portant le même maillot. Il faudra rester bien attentif afin de ne pas s’éloigner les uns des autres. Nos niveaux étant tous différents, le risque de se perdre de vue est important. Le départ est donné par le directeur de course et nous nous élançons à 6 à travers Vaison la Romaine. Deux d’entre nous s’engagerons sur le parcours de 78 kms (montée du Ventoux par Sault) et 4, dont moi, réaliserons le « grand parcours » de 135 kms (montée du Ventoux par Bédoin).

Descente des gorges du Toulourenc.

La première demi heure de course est un peu pénible puisque nous nous retrouvons dans le cœur du peloton. La route étant vallonnée, il faut faire très attention, notamment dans les descentes, pour ne pas croiser les trajectoires des autres coureurs et ne pas provoquer de chutes. Tout se passe bien et ça roule plutôt fort, nous nous faisons doubler sur les portions de plat mais ne nous inquiétons pas car la course est encore longue. La vue en arrivant à Brantes, village perché au pied du Ventoux, est sublime et les lacets se montent bien. Nous redescendons ensuite jusqu’au ravitaillement de Montbrun-les-bains, endroit où les deux parcours prennent des directions opposés.

Nous retrouvons alors un ami qui avait pris les devants dès le départ. Engagé sur le 78 kms, la chaine et le dérailleur de son vélo ont cassé en début de course… fin du GF Mont Ventoux pour lui. Nous sommes tristes de son abandon forcé et partons du ravito en laissant un copain sur le bord de la route. J’adore le vélo mais il faut bien avouer que, contrairement au trail, nous sommes soumis à la « mécanique » et à des facteurs extérieurs (crevaisons…) qui peuvent dicter le résultat final. C’est injuste mais ça fait partie de ce sport. Bien que nous ne visions aucune performance, l’idée de devoir changer une chambre à air sur le bord de la route en voyant les coureurs nous doubler ne nous tente par trop…

Montée du col de l’homme mort.

Le parcours s’étant divisé en deux, nous sommes désormais uniquement en présence des coureurs du 135 kms. Etant moins nombreux, la route est donc plus agréable à rouler. La montée et la descente du col de l’homme mort sont les seuls endroits de la course que je n’ai jamais parcourus. C’est une vraie belle surprise, nous profitons durant toute l’ascension d’une vue sublime sur le Mont Ventoux. La pente étant régulière mais non soutenue, nous grimpons tranquillement en faisant quelques connaissances et engageons la discussion avec d’autres coureurs. 

C’est aussi ça participer à une cyclo pour nous, discuter et rigoler… le tout sur le vélo ! Je suis d’ailleurs toujours autant étonné de voir aussi peu de personnes discuter entre elles. Beaucoup participent «en solitaire» à ce genre d’épreuve et il est assez rare d’entendre les coureurs parler durant la course. Les raisons qui poussent chacun à épingler un dossard sont diverses et variées. Les nôtres sont toujours les mêmes d’années en années : aller le plus loin possible ensemble, prendre du plaisir et vivre un effort commun qui restera gravé en nous.

Passage par le plateau d’Albion et descente des gorges de la Nesque.

Nous gérons parfaitement notre effort jusqu’ici et arrivons au ravitaillement du km 70 où il ne reste malheureusement plus grand-chose à manger… nous faisons alors le plein des bidons et repartons en direction de Sault pour rejoindre les gorges de la Nesque. Il commence à faire chaud et l’ombre se fait rare. Nous roulons toujours à un rythme tranquille en gardant bien à l’esprit que nous terminerons cette course en grimpant le Ventoux par Bédoin. Attention donc au surrégime qui pourrait avoir des répercutions sur l’ascension finale.

Le passage par les gorges de la Nesque est magnifique et spectaculaire. La route étroite en faux plat descendant est l’une des plus belles à parcourir dans la région. Nous remplissons une dernière fois nos bidons et faisons le plein au ravito très copieux de Villes-sur-Auzon (km 107). Le Ventoux est maintenant en ligne de mire ! Notre rythme en retenu depuis le début me permet d’aborder l’ascension du géant de Provence avec de très bonnes sensations. L’important dénivelé positif cumulé en trail depuis début 2019 y est clairement pour quelque chose !

Le Ventoux par Bédoin : acte final.

Nous y sommes, 20 kms d’ascension nous attendent et nous abordons chacun le Mont Ventoux avec des formes différentes. Quoiqu’il arrive nous resterons ensemble jusqu’au Chalet Reynard, à 7 kms de l’arrivée. Nous commençons l’ascension sur un rythme très raisonnable et débutons la portion de 9 kms en forêt réputée la plus dure du fait des pourcentages importants. L’un d’entre nous craque alors. Coup de chaud, les jambes lourdes et le cœur qui monte dans les tours… Il mettra pied à terre plusieurs fois pour mieux repartir. Nous restons avec lui, le soutenons et l’encourageons pour l’aider à mobiliser ses dernières forces pour dompter le Mont Ventoux. Nous sommes 4 et nous nous relayons à ses côtés pour que les kilomètres passent le plus vite possible pour lui. C’est à ce moment précis que les souvenirs se créent et que l’amitié se renforce. La solidarité et l’entraide prennent maintenant le pas sur tout le reste. Plus rien ne compte désormais sauf l’objectif d’arriver tous les 4 ensemble au Chalet Reynard.

Sur la lune.

Le bonheur est déjà là lorsque nous atteignons le Chalet Reynard coudes à coudes. Nous prenons maintenant chacun notre rythme et terminons l’ascension en profitant de la vue unique et du paysage lunaire typique du Mont Ventoux. La ligne d’arrivée est franchie avec les jambes lourdes mais le cœur léger. Heureux d’avoir vécu une aventure collective qui restera gravée en nous pour longtemps ! Les paysages autour du Géant de Provence étaient vraiment magnifiques ! 

Je ne peux que te recommander de venir participer à ce GF Mont Ventoux ! Hormis un ravito léger en nourriture (km 70) pour la fin du peloton dont nous faisions partie, tout a été parfait : du retrait du dossard aux nombreux points d’eau en passant par la qualité des ravitaillements et la générosité des bénévoles, il n’y a rien à redire sur l’organisation qui a été exemplaire. Malgré les nombreux coureurs présents sur la ligne de départ, j’ai vraiment ressenti une ambiance « familiale » mais très professionnelle ! Le parcours était lui somptueux et, connaissant bien les environs du Mont Ventoux, il me semblait de difficile de faire plus beaux en termes de routes et de points de vue. Brantes, les gorges du Toulourenc, les gorges de la Nesque figurent parmi les plus beaux endroits à découvrir en Provence ! Alors… tu signes pour l’an prochain ? 

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