Bédoin, Malaucène, Sault : par quel côté grimper le Ventoux à vélo ?

 Nombreuses sont les personnes venant se frotter au mythique Mont Ventoux durant la période estivale. Il existe en réalité trois routes pour accéder au sommet… trois itinéraires bien différents à connaître avant de te lancer à la conquête du Géant de Provence !

Tu trouveras au sein de cet article des liens vers Avintur, la chaussette de vélo du Mont Ventoux ! Pensées sur les pentes du Géant de Provence et fabriquées entièrement en France, ces chaussettes sont nées de mon défi des « Cinglés du Ventoux« . Confortables, respirantes et techniques, ces chaussettes répondent aux exigences des infinis coups de pédales et t’accompagneront dans toutes tes aventures sur le vélo !

L’ascension depuis Bédoin : route mythique mais exigeante (22 km, 1622 D+).

Tout le monde connaît le Mont Ventoux pour son paysage lunaire marqué par l’absence de végétation sur le sommet. Pour profiter de cet incroyable décor minéral et admirer ce qui fait toute la splendeur du Géant de Provence, il te faudra entreprendre ton ascension depuis la ville de Bédoin (ou Sault mais nous y reviendrons…). Situé sur le versant sud, ce côté est le plus ensoleillé et tu pourras même profiter, si tu viens tôt dans l’année, de la route coupée aux voitures sur les derniers kilomètres. En effet, au vu de l’important enneigement parfois présent en hiver, le Ventoux est fermé à la circulation et ne ré-ouvre que lorsque les conditions le permettent.

Exploits et tragédies durant le Tour de France.

Monter par Bédoin c’est aussi grimper par une route rendu mythique du fait des nombreux passages du Tour de France. Théâtre d’exploits mais aussi de tragédies, à l’image du décès de Tom Simpson vécu en direct par les téléspectateurs le 13 juillet 1967. Le Ventoux par Bédoin fait peur. 22 kms  de montée non stop. De faibles pourcentages durant les 5 premiers kilomètres avant de plonger dans la forêt et d’affronter une pente régulière d’environ 9  %  sur 9 km.

Passage par le Chalet Reynard.

L’arrivée au Chalet Reynard à 1 429 m d’altitude, bien que prometteur de pentes plus douces, annonce pourtant un secteur de forte exposition au vent. 6 kms  te sépareront alors du sommet. 6 kms,  qui, suivant les conditions météorologiques du jour et ton état de fatigue, pourront te paraître interminables… Le Ventoux est pourtant là, sous ton nez, donnant l’illusion de pouvoir être touché du bout des doigts. Pour clore le tout, les deux derniers kilomètres verront les pourcentages augmenter de nouveau pour atteindre en moyenne 10  %.

Monter par Bédoin, un rêve pour tout cycliste.

L’ascension depuis Bédoin est mythique et fait rêver des cyclistes du monde entier qui n’hésitent pas à faire le déplacement en Provence pour s’y frotter. Il n’y a qu’à constater l’importante foule au sommet durant l’été pour comprendre la légende qui règne autour du Mont Ventoux. Mais attention, ses pentes régulières et soutenues ainsi que sa forte exposition au vent le rendent extrêmement redoutable ! Pour ne pas trop souffrir et profiter pleinement de la fin de l’ascension et du sublime paysage, il te faudra être prêt physiquement, mentalement et avoir une parfaite gestion de ton hydratation et de ta nutrition.

L’ascension depuis Malaucène : forts pourcentages et replats (21 km, 1588 D+).

Vue sur les Baronnies Provençales et les Alpes.

Voici maintenant la seconde option qui s’offre à toi : grimper par le côté nord du Mont Ventoux, le plus ombragé, celui où la neige perdure bien souvent après l’arrivée du printemps. Niveau paysage, rien à voir avec la face sud. Tu admireras, en grimpant depuis Malaucène, les grandes forêts de conifères ainsi que la vue magnifique sur les Baronnies Provençales et sur les Alpes. Le paysage à contempler depuis le côté nord reste selon moi le plus spectaculaire et le plus beau. Il m’est d’ailleurs arrivé plus d’une fois d’observer des chamois dans les pierriers durant mon ascension. Ouvre donc bien les yeux ! La différence entre les deux côtés est donc fortement marquée d’un point de vue de la végétation présente et de l’atmosphère qui y règne.

Passage par la station du Mont-Serein.

En termes de distance et de dénivelé, les montées par Bédoin ou Malaucène sont relativement identiques. Grimper depuis le côté nord demeure également très exigeant. La route est large jusqu’à la station du Mont Serein et les pourcentages sont parfois très importants. Contrairement à l’ascension depuis Bédoin, l’échauffement est ici de courte durée puisque la pente s’élève à  7  %  de moyenne dès le second kilomètre. Vient ensuite une alternance de portions très pentues allant jusqu’à 12  % de moyenne et de sections beaucoup moins difficiles où il te sera possible de ménager tes jambes.

Le secteur allant du km 10 au km 14 présente des pourcentages moyens de 10  % et reste, à mon avis, le plus difficile. L’arrivée à la station du Mont Serein à 1427 m d’altitude marquera le kilomètre 15. La pente devient alors sévère (11  % sur 1 km) avant d’offrir un léger répit qui sera de courte durée. En effet, les 4 derniers kilomètres présenteront une moyenne de 8  %. Tu l’auras compris, la montée depuis le côté nord, bien que moins exposé au vent du fait de la végétation présente sur la grande majorité de ce versant, demeure très exigeante. L’enchaînement de forts pourcentages tout au long de la montée combinés à une pente soutenue lors des derniers kilomètres te feront certainement puiser dans tes réserves pour atteindre le sommet…

Montée depuis Sault : la plus abordable (25,70 km, 1152 D+).

Monter depuis Sault c’est commencer à une altitude plus élevée (760 m) et donc disposer d’un dénivelé moins important à effectuer. En empruntant cet itinéraire, tu rejoindras le Chalet Reynard et terminera donc l’ascension sur la même route que celle empruntée depuis Bédoin. Tu pourras donc profiter pleinement du paysage lunaire et minéral du sommet en t’épargnant la longue et difficile portion de forêt à 9 % de moyenne. En choisissant de débuter par le charmant village de Sault, tu bénéficieras donc, sur le papier, de la montée la plus simple à réaliser parmi les trois présentes.

Traverser les champs de lavande.

Le paysage est encore bien différent de ce côté- ci du Ventoux. En effet, le plateau de Sault regorge de champs de lavande et je te conseille, si tu le peux, de venir autour du mois de juin pour savourer pleinement les subtiles odeurs et les magnifiques couleurs de ces champs en fleurs. Cette plante typiquement provençale t’accompagnera donc sur les premiers kilomètres avant que tu n’entres dans la forêt. La montée commence par des pourcentages faibles à modérés compris entre 4 et 6  %. A partir du 12 ème kilomètre la pente faiblira encore pour ressembler d’avantage à un faux plat qu’à une véritable ascension. Cette caractéristique rend la montée par Sault longue mais peu difficile jusqu’au km 19.

Le Chalet Reynard, fin de la montée mais début des vrais pourcentages.

La véritable difficulté commencera donc à partir du Chalet Reynard. Le sommet du Mont Ventoux sera en ligne de mire mais l’exposition au vent maximale. En passant par ce lieu, tu feras désormais route commune avec ceux qui auront débuté l’ascension depuis Bédoin. Petite vigilance tout de même, en grimpant par Sault, tu seras forcément tenté d’appuyer sur les pédales durant les deux premiers tiers de la montée au vu des faibles pourcentages caractérisant la pente. Gare au surrégime ! Pense à bien gérer ton effort et à garder de l’énergie pour la fin de l’ascension car celle-ci pourrait te réserver des surprises si tu es trop entamé physiquement…

Sault pour la faible pente, Bédoin pour le mythe, Malaucène pour les paysages.

Pour conclure, si tu souhaites éviter les forts pourcentages de Bédoin ou Malaucène et bien que la distance soit plus longue, grimper le Ventoux par Sault te permettra de bénéficier d’une pente plus douce et plus abordable. Pour vivre la montée mythique mais ô combien éprouvante, il te faudra partir depuis Bédoin. Si tu veux profiter des paysages grandioses durant ton ascension je te conseille de débuter ton ascension depuis Malaucène. Bien que la vue soit magnifique depuis les 3 côtés, le versant nord offre selon moi un environnement plus sauvage et une position de balcon sur les montagnes plus marquée.

Dans tous les cas et peut importe le côté que tu choisiras, aborde le Ventoux avec humilité, sans le sous-estimer, en prenant soin de t’hydrater et de t’alimenter régulièrement. La vue au sommet, l’effort et le sentiment de fierté en le domptant feront le reste !

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"En quête permanente d'aventure et de liberté sur mon vélo, j'ai créé Avintur, des chaussettes made in france, techniques, confortables et respirantes répondant aux exigences des infinis coups de pédales."
Benjamin, Fondateur

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12 Commentaires

  1. DUPAS

    Bonjour,
    Je vous remercie pour ces informations bien détaillées et intéressantes, maintenant, j’ai les jambes qui flageolent un peu.
    J’aimerai réussir une montée en louant un vélo sur place car le miens n’est pas top.
    Je vais encore m’entrainer et début septembre, je tente .
    Cordialement.
    Laurent D

    Réponse
    • administrateur

      L’important c’est de prendre du plaisir… et pour prendre du plaisir il faut être bien préparé !
      Bonne préparation à vous alors et n’hésitez pas à louer un vélo à Malaucène ou Bédoin… il y a du choix !

      A bientôt sur le Ventoux 😉

      Réponse
      • kably

        Bonjour. j’ai monté le mont Ventoux pour la première fois ce dimanche 12 juillet mais à mon rythme et je suis arrivé au sommet à force de volonté et d’encouragement personnel. mon défi était de ne pas poser le pied. j’ai commencé l’ascension à midi en plein cagnard. et puisque j’ai pris un gîte pour une semaine jusqu’ au samedi 18 à Crillon LB, je veux regrimper jeudi ou vendredi par Malaucene avant de retourner à Marseille. j’ai quand même 62 ans et avant le Ventoux je suis allé grimper Lure pour me préparer. mon idée pour le Ventoux par Bedoin était d’atteindre le chalet reynart mais une fois ce dernier atteint, je me suis juré d’aller au bout. j’ai fait tomber mes lunettes que j’avais accrochées à mon maillot alors qu’il me restait 3 kms, mais je ne me suis pas arrêté car il ne fallait pas poser le pied, mais une fois au sommet j’ai pleuré car la souffrance était extrême et j’ai pu retrouver un troisième souffle pour venir à bout des 2 derniers kilomètres vu que le deuxième souffle je l’avait retrouvé avant d’arriver au chalet, mais quelle euphorie alors une fois au sommet!. j’ai vu plein de cyclistes s’arrêter dont pas mal de jeunes ce qui me poussait à me dépasser. j’ai vu des jeunes s’arrêter et repartir, puis s’arrêter de nouveau et re-repartir. des gens m’avaient conseillé de m’arrêter pour récupérer mais mon idée fixe était d’arriver au sommet. je ne sais pas d’où m’était venue l’énergie car j’avais très mal dormi à cause de l’excitation de m’attaquer au Ventoux par Bedoin. j’ai consommé moins d’une gourde et demi de 75 cl d’eau et un petit gel et rien d’autre. je n’avais aucune faim et d’ailleurs je n’ai pas eu faim le reste de la journée de ce fameux 12 juillet. je pense que le secret résidait dans le fait que je me sentais comme un enfant et plus le moment du défi s’approchait, plus mon excitation augmentait. je crois qu’on n’arrête jamais d’être enfant et cela malgré l’âge. pensez vous que j’aurais suffisamment récupéré d’ici jeudi ou vendredi pour regrimper par Malaucene?. cordialement. Mohamed

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        • Benjamin

          Bonjour Mohamed,
          Merci pour votre témoignage ! Quel courage ! Vous allez vous souvenir longtemps de votre premier Ventoux. L’attaquer à midi pile par Bédoin n’était clairement pas la meilleure des idées à mon avis mais vous y êtes arrivé.
          Concernant le fait de le regrimper jeudi ou vendredi : à vous de voir comment vous vous sentez. Ecoutez votre corps et vos sensations et pensez à bien récupérer !
          Sportivement, Benjamin

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      • Connoioux stephane

        Bonjour a tous .j ai tenté la monté du ventoux par malaucene accompagné de mon fils de 13 ans (qui lui plein d energie moi (43 ans) je l ai préparer a souffrir durant toutes la monté. Mais bien que prevenu il a voulu faire le kéké avec son pere .lol
        Je suis monté tranquillement mais surement en gerant mon effort .puis au 9 eme kilomètres je récupère mon fils et je l encourage pour le finir tout en gerant .un petit arret au chalet a 6 km de la fin a fait le plus grand bien pour terminer se geant .une fois arrivé au niveau de la boule mon fils ne veux plus monté car HS , donc je lui dit que je finirais qu en meme la derniere monté. Pour la tres belle photo ainsi que la joie de le finir .mais une fois la haut une deception m envahie .sait de ne pas avoir mon fils a mes côtés. Je prend la photo et surprise mon fils m y rejoint et la je craque et des larmes me sort .
        Cette ascension ma fait passé par toutes mes etats et sachez que se souvenir restera gravé en moi pour tres longtemps

        Stef c

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        • Benjamin

          Bonjour Stéphane !
          Merci pour votre superbe témoignage ! Le Ventoux est mythique et votre récit le prouve !
          A bientôt sur les pentes du Géant de Provence,
          Benjamin

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  2. Dominique

    Pour avoir fait trois fois la montée une fois en vtt et fois en vélo de route depuis SAULT et une fois en vélo de route depuis Malaucène,j’envisage la montée en vélo de route depuis BEDOIN. Quand on dit que retourner faire le VENTOUX faut être un peu fou c’est vrai mais plaisir d’arriver là haut .Il faut avoir dans les pattes au moins 2000 km dans la saison pour pouvoir prétendre à réussir .Ce n ‘est pas insurmontable mais tout simplement dur durrrrrrrrrrrrr.

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    • administrateur

      La montée par Bédoin est la plus mythique avec ses paysages lunaires ! Vous allez en prendre plein la vue et… plein les pattes ! Bonne ascension ! Toujours un régal de grimper là-haut !

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  3. JJac

    Residant à La Réunion (Département 974), et en mode traversée de la France en septembre prochain à vélo, passant non loin du Géant, il m’est apparu inconcevable de ne pas venir me frotter à la D974 !!!
    Le projet qui se dessine aujourd’hui me paraît donc  »simple » et limpide comme l’eau claire, à savoir , Maloucène>là haut>Bédoin>Là haut…et un petit Sault>là haut pour enfin rentrer à mon point de départ.
    Une jolie petite promenade donc sur l’intégralité de la D974 et alentours par les hauts par les bas pour un gars du Peï 974, et après ce sera dodo après une Dodo pour celles et ceux qui connaissent …

    Réponse
    • Benjamin

      Hello ! Evidemment qu’il est inconcevable de venir ici sans grimper le Ventoux ! Ton programme est très chouette et je suis certain que tu prendras beaucoup de plaisir ! La Dodo je connais mais je n’ai jamais goûté encore. N’hésite pas à partir à l’aventure avec Avintur, la chaussette de vélo du Mont Ventoux 😉 https://www.avintur.fr/

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  4. LudoS

    Bonjour je viens de lire le récit et je suis absolument d’accord avec vous pour la description des ascensions : la veille de mes 42 ans je me suis offert Bedoin puis Malaucène dans la meme journée.

    Bedoin pour le mythe, la pente non stop dans la foret, le répit au chalet reynard, le final en apothéose avec vu sur la cible…

    Malaucène pour le paysage, la pente a partir des ramayettes dans les longues lignes droites interminables… Le répit au mont serein puis de nouveau la pente dans le final….

    mais le plus important a retenir dans tout cela : ne jamais sous estimer le ventoux, il ne se dompte pas il s’apprivoise à peine …

    Réponse
    • Benjamin

      Ludo,
      Merci pour votre commentaire !
      Exactement… ne jamais sous estimer le Ventoux ! (ni n’importe quelle autre montagne)
      Benjamin

      Réponse

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