Le récit de mon Etape du tour 2018 : Annecy – le Grand-Bornand

Pour la seconde année consécutive j’ai participé à « l’Etape du tour », cyclosportive renommée qui empruntait cette année le parcours de l’étape Annecy – le Grand-Bornand du Tour de France 2018.

Annecy – le Grand-Bornand : 170 km / 4000 m de dénivelé positif.

L’Etape du tour nous réservait cette année un menu copieux de 170 km et 4000 m de dénivelé positif à travers le massif des Aravis en Haute-Savoie. Au départ d’Annecy, cette course se caractérisait par l’enchaînement de cols difficiles présentant des pourcentages importants : le col de la Croix-Fry, la montée au plateau des Glières, le col de Romme et le col de la Colombière. L’édition 2018 offrait un profil bien différent de 2017 (pour une distance et un dénivelé identiques !), il fallait donc être prêt physiquement et surtout mentalement à grimper, grimper, grimper et re-grimper. J’avais gardé un excellent souvenir de ma participation à l’Etape du tour 2017 (qui était ma première cyclo) et nous avions donc décidé, avec mes amis, de nous réinscrire cette année.

Bilan de ma préparation à l’Etape du tour 2018.

Je t’invite à jeter un coup d’œil à l’article que j’avais écrit le 30 avril dernier au sujet de ma préparation à cette course. Le mois d’avril a été pour moi l’occasion de reprendre le vélo en douceur après de longues semaines de pratique du Trail. 90 % de ma préparation s’est en réalité déroulée durant les mois de mai et juin avec un accent porté sur le travail de force (gros point faible chez moi). Comme d’habitude et hormis ces séances courtes spécifiques, j’ai profité du vélo pour découvrir de nouvelles routes et de nouveaux endroits du haut-vaucluse et de la drôme provençale. Ces nouveaux coins découverts font bien souvent ensuite l’objet d’articles sur ce blog ! Pour parler un peu chiffres et statistiques, j’ai roulé 1700 km et grimpé 31 000 m de dénivelé positif en tout sur ces deux mois d’entrainements. J’avais placé le défi des cinglés du Ventoux à 4 semaines de l’Etape du tour afin de réaliser cette sortie en guise de week-end choc, point d’orgue de ma préparation. J’étais donc satisfait de celle-ci et, même si je n’avais pas pu rouler suffisamment dans de (très) forts pourcentages, j’avais mis toutes les chances de mon côté pour terminer cette Etape du tour en bon état et surtout en prenant le maximum de plaisir avec les copains !

Lever de soleil sur le lac d’Annecy.

Parce qu’il fallait bien un peu de stress pour bousculer ma confiance acquise tout au long de mes entrainements, je m’étais fait piquer au genou par un frelon le mercredi soir avant la course, lors de ma dernière sortie vélo. Une réaction allergique a alors fait enfler ma jambe jusqu’à la cheville et me provoquait des fourmillements. J’ai bien cru devoir abandonné avant même de prendre le départ du fait que trois jours avant la jambe ne pliait pas en plein. Par chance et grâce aux compresses d’alcool, ma jambe a désenflé suffisamment pour me permettre de rouler le jour j. Malgré un reste d’inflammation et des fourmillements encore bien présents, nous nous sommes élancés avec Manu et Hervé du SAS 6 à 7 h 30 pour ce qui allait être une belle et longue journée ! La course commençait par le tour du lac d’Annecy. La vue était superbe et c’était vraiment agréable de rouler sur des routes fermées à la circulation automobile. Nous avons très rapidement trouvé un groupe qui roulait à notre rythme et ne l’avons plus quitté jusqu’à la première bosse au niveau de Talloire. Cela nous a permis de nous économiser et d’arriver frais au pied du col de la croix fry.

Le col de la croix-fry en guise d’échauffement.

Nous avons donc rejoint très vite le premier ravito. Même s’il n’était pas forcément nécessaire de s’arrêter puisqu’il se situait très tôt dans la course, nous avons préféré prendre 5 min pour remplir les bidons, manger un bout et surtout vider notre vessie ! Dans tous les cas nous n’avions aucun soucis de performance donc nous n’étions pas à 5 min près. La montée du col de la croix-fry est vraiment très belle avec une vue splendide sur le massif des Aravis. Nous avions décidé de grimper sur un rythme très cool afin de ne pas nous cramer dans ce col annoncé comme le plus simple de la journée. Les pourcentages n’étaient pas trop élevés, il était donc tentant de monter sur un rythme soutenu mais nous l’aurions probablement payé plus tard (ou pas ?)…

La montée jusqu’au plateau des Glières : Du vrai pentu.

Nous arrivons tout de même très vite à la Clusaz où était situé le second ravito solide. Nous nous arrêtons 2 min puis filons en direction du plateau des Glières qui faisait figure d’épouvantail de cette course. Ce lieu historique était l’un des temps forts du Tour de France 2018. Symbole de la résistance française durant la seconde guerre mondiale, le plateau des Glières avait pour particularité de présenter une section « gravel » non goudronnée à son sommet. Mais avant de parcourir cet endroit mythique, il fallait monter la route très abrupte de 6 km menant à ce plateau. Pas mal de gens ont calé dans ces forts pourcentages et il était vraiment difficile d’avancer à son rythme à cause de l’étroitesse de cette route. Le risque était de déchausser à cause de quelqu’un. Nous avons passé notre montée à crier « gauche », « gauche » afin de s’annoncer auprès du coureur de devant pour qu’il nous laisse la place de passer. Pas simple également de côtoyer les motos de la course sur cette route qui n’était clairement pas dimensionnée pour accueillir autant de monde. Je me sentais bien dans ces forts pourcentages et les sensations étaient très bonnes. L’arrivée au sommet était vraiment chouette, la section gravel sans bitume avait été aplanie et balayée pour l’occasion afin d’éviter un risque trop important de crevaison.

Un peu de plat avant d’attaquer Romme.

J’ai ensuite réalisé la descente jusqu’à Thorens-Glières un peu plus prudemment que prévue. La route n’était pas large et les virages serrés en ont envoyé certains dans le décor. Lorsque l’on voit un coureur sur une civière entouré des services de secours, cela fait un peu froid dans le dos et on se dit que ça ne sert pas à grand-chose de prendre des risques. Une petite montée d’environ 5 km était située après la descente : le col des Fleury. Très facile et ne présentant pourtant aucun fort pourcentage, c’est dans cette montée que j’ai ressenti les moins bonnes sensations. J’ai en réalité pris un gros coup de chaud ! Il était un peu plus de midi et la chaleur commençait à bien se ressentir. Heureusement, nous avons trouvé une fontaine sur la route qui m’a permis de me rafraichir très vite. La forme est revenue aussitôt m’être passé la tête sous l’eau. Cela m’a fait un bien fou ! Le parcours présentait ensuite une portion plate jusqu’à Cluses qui nous a offert un peu de répit avant d’attaquer le col de Romme, deuxième gros morceau de cette course. Pour information, le col de Romme c’est 9 km à 8,7 % de moyenne avec des passages à 12 %. Je l’ai donc grimpé tranquillement sur un rythme régulier en veillant à ne pas me mettre dans le rouge et à bien m’hydrater. Il faisait très chaud et nous roulions déjà depuis plus de 6 h.

La Colombière en guise de dessert.

A peine le col de Romme descendu il fallait déjà grimper le col de la Colombière, sans transition. La particularité de ce dernier est d’être crescendo dans la difficulté, les 3 derniers kilomètres étant à 9, 10 et 11 %. Nous savons néanmoins que c’est le dernier col de cette étape du tour 2018 et qu’une fois atteint, il ne nous restera plus qu’à nous laisser glisser jusqu’au Grand-Bornand. Mes sensations étaient très bonnes au cours de cette ascension jusqu’au « fameux » trois derniers kilomètres… mes jambes ont alors commencé à montrer de gros signes de fatigue. J’ai donc terminé la fin de ce col sur un petit rythme en alternant avec un peu de danseuse. Je savais que c’était terminé donc mentalement je n’ai pas eu de coup de moins bien. J’ai géré tranquillement cette fatigue et me suis finalement vite retrouvé au sommet où j’ai retrouvé Hervé et Manu qui avaient pris quelques longueurs d’avance… Nous avons alors fait la descente ensemble jusqu’au Grand-Bornand en tentant de terminer en moins de 9 h.

L’arrivée rime toujours avec fierté.

Objectif atteint puisque nous terminons en 8 h 56 ! Une fois la ligne d’arrivée franchie, c’est le sentiment de fierté qui prime ! Fier d’être finisher de cette belle et exigeante course mais surtout très heureux d’avoir pu la faire du début à la fin avec les copains. On a discuté et rigolé quasiment tout le long, sans se prendre au sérieux (entre 45 min et 1 h passé aux ravitos !) et sans soucis de performance (sandwichs pain d’épices/fromage à raclette en guise de ravito pour moi tout le long de la course). Personnellement, je sais que c’est la meilleure façon pour moi d’aborder ce genre de longues courses, sans stress et sans soucis chronométrique. J’ai réalisé cette Etape du tour sur un rythme normal, sans me rentrer dedans, en gérant mon effort comme j’ai l’habitude de le faire et cela m’a permis de profiter à fond de l’événement.

Alors certes le tarif de l’inscription est cher et cette cyclosportive est loin d’être des plus conviviales mais rien que pour rouler sur des routes coupées cela vaut le coup d’y participer ! C’était ma deuxième participation à une cyclosportive et le fait de s’engager avec des amis est pour moi, en plus du défi personnel, un très beau moment de partage ! Le fait de réaliser un effort ensemble et de surmonter les difficultés nous galvanise et nous laisse des souvenirs à vie !

Qui a dit que le cyclisme était un sport individuel ?

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